12-10-2007, 10:33 AM

Assise devant deux écrans d'ordinateurs, l'un pour la version originale, l'autre pour sa traduction, Tanja Handels jongle en direct avec la langue de Shakespeare et celle de Goethe.
Le roman britannique sur lequel elle planche devant les visiteurs de la foire de Francfort qui déambulent dans le centre de traduction sans même la remarquer est celui d'Elizabeth Edmondson: "the art of love", un titre parfait pour cette histoire romantique du Londres de l'entre-deux-guerre.
"Pour ce livre j'ai quatre mois devant moi", dit la jeune Allemande, traductrice indépendante depuis cinq ans. Pas si mal comparé au délai de deux mois qu'un éditeur lui a déjà imposé, la contraignant à travailler jour et nuit, payée au lance-pierres (15 euros pour 30 lignes et 60 caractères).
En fait, Tanja est une habituée des romans policiers et judiciaires de John Grisham ou P.J. Tracy. Pour l'éditeur allemand Rowohlt, elle a déjà traduit douze versions raccourcies d'Agatha Christie destinées aux livres audio.
En temps normal, elle travaille sur un seul écran, chez elle, le texte original sur les genoux. Comme aiment le faire les traducteurs qui ont besoin de se retrancher du monde pour se concentrer.
"Malheureusement, observe-t-elle, il est rare de recevoir le manuscrit à la maison, il faut se contenter du texte reçu par e-mail que l'on doit imprimer".
Avant de se lancer, elle lit d'abord l'oeuvre complètement. Puis elle s'efforce de traduire entre 15 et 20 pages chaque jour. Une fois terminé, elle contrôle sa version en vérifiant une première fois avec l'original et une seconde fois sans.
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